LE RECTUM
Une sonde de 7,5 MHz met en évidence cinq couches concentriques au niveau de la paroi rectale. Leur interprétation fait l'objet d'un désaccord selon que les équipes les attribuent à des plans anatomiques ou à des interfaces (tableau I). Cela étant dit, tous les auteurs s'accordent pour dire que la quatrième couche hypoéchogène correspond à la musculeuse propre si bien que cette polémique n'a pas de répercussion pratique.
Une sonde de 10 MHz peut mettre en évidence sept couches, la quatrième couche hypoéchogène étant alors divisée par un fin liséré hyperéchogène, intermédiaire entre une couche interne (musculeuse circulaire) et une couche externe (musculeuse longitudinale). En revanche, on ne peut distinguer la musculaire muqueuse rectale à cette fréquence.
On peut également explorer l'atmosphère péri-rectale, habituellement hypoéchogène, et visualiser le sacrum et le coccyx, le vagin et l'utérus, la prostate et les vésicules séminales, et le cul de sac de Douglas. Cela fournit ainsi des points de repère. A titre d’exemples, la prostate est située au niveau du bas rectum alors que les vésicules séminales sont situées à la jonction entre le bas et le moyen rectum, et le repérage du cul de sac de Douglas permet de déterminer le site sus ou sous-douglassien d'une tumeur rectale ou d'un nodule endométriosique recto-vaginal.
En revanche, les ganglions péri-rectaux ou iliaques internes normaux sont rarement visibles du fait de leur petite taille (moins de 5 mm) et de leur échogénicité proche de celle de la graisse. De même, le mésorectum (tissu cellulo-graisseux entourant les faces latérales et postérieure du rectum sous-péritonéal dont on connaît désormais l'importance capitale dans le bilan des cancers du rectum) ainsi que les ligaments utéro-sacrés (localisation fréquente d'endométriose pelvienne profonde) n’ont pas de traduction échographique spécifique.